Comment bien choisir son mobilier pour une bonne qualité de l’air intérieur
La qualité de l’air intérieur est un élément essentiel pour notre santé et notre bien-être. L’un des aspects souvent négligé qui peut affecter notre environnement de vie est le choix du mobilier. Les matériaux utilisés pour fabriquer les meubles, ainsi que les traitements appliqués, peuvent libérer des composés nocifs dans l’air intérieur. Nous vous proposons d’explorer l’impact des différents matériaux et traitements sur la qualité de l’air intérieur et de présenter des conseils pour choisir des meubles sains et durables.

Quel est l’impact des matériaux sur la qualité de l’air intérieur
Le mobilier peut être constitué de différentes matériaux. Chaque matériau présentant des avantages et des inconvénients vis-à-vis de la qualité de l’air intérieur.
Le mobilier en bois brut
Le bois brut, non traité, est une option naturelle et durable. Il contient naturellement des composés organiques volatils (COV) mais en faible quantité. Ainsi, il ne libère pas de quantité importante de COV dans l’environnement intérieur et contribue à un intérieur sain.
Le bois naturel peut parfois nécessiter un traitement contre les insectes et l’humidité. Ce traitement peut introduire des produits chimiques tels que des insecticides et des fongicides.
Le mobilier en bois reconstitué ou aggloméré
Ce type de bois est moins cher que le bois brut et peut être produit à partir de matériaux recyclés.
Il contient des colles et des résines qui peuvent émettre des quantités importantes de COV dans l’air intérieur. Le plus connu est le formaldéhyde très présent dans les logements et pouvant fortement impacter la qualité de l’air intérieur.
Le mobilier en métal
Le métal est un matériau durable, facile à nettoyer, et qui n’émet pas de COV une fois installé.
Cependant, les traitements de surface (peintures, revêtements) peuvent contenir des substances chimiques volatiles. Assurez vous de choisir du mobilier en métal ayant des finitions à faible émission de COV.
Le mobilier en verre
Le verre est un matériau inerte, non poreux et qui n’émet pas de COV. Il est également facile à entretenir.
Cependant, les colles utilisées pour assembler les pièces de verre peuvent parfois contenir des solvants volatils et polluer l’environnement intérieur avec des COV.
Le cuir, les tissus et les mousses d’ameublement
Certains mobiliers tels que les canapés et les fauteuils sont couverts de tissus généralement en matière synthétique et rembourrés avec des mousses. Ces éléments ne sont pas sans impact sur la qualité de l’air intérieur. Ils contiennent des additifs toxiques tels que des plastifiants de la famille des phtalates et des retardateurs de flamme. Par ailleurs, les tissues d’ameublement sont couramment traités pour être antitaches. Les produits chimiques utilisés sont généralement des PFAS (des substances perfluorés) très stables et persistants dans l’environnement intérieur.
Le cuir est un matériau naturel assez sain qui n’émet pas de COV. Cependant, il faut rester vigilant sur les produits chimiques utilisés pour la teinture et l’entretien du cuir.
Comment le mobilier impacte la qualité de l’air intérieur
A côté principaux constituants du mobilier, différents produits chimiques peuvent être utilisés tels que des colles, des peintures ou des vernis, des traitements insecticides et fongicides, et des revêtements de surface.
Les colles
Des colles sont souvent utilisées pour la fabrication de mobilier. Elles contiennent des COV qui sont libérés dans l’air intérieur.
Les vernis et les peintures
Appliqué sur la surface du mobilier pour le décorer ou le protéger, les vernis et les peintures conventionnels contiennent des solvants et des COV qui se diffusent dans l’air intérieur.
Si le mobilier est particulièrement ancien, il n’est pas exclu que de la peinture contenant du plomb ait été utilisé. Ces traitements de surface peuvent induire une pollution importante de l’environnement intérieur par le plomb avec des risques importants pour les femmes enceintes et les jeunes enfants. Attention également lors d’une rénovation du mobilier. En effet, le ponçage de la peinture au plomb peut engendrer une contamination importante et durable de l’air intérieur.
Traitements insecticides et fongicides
Pour protéger le mobilier en bois, il peut être nécessaire d’appliquer des traitements contre les insectes et les moisissures. Ces produits généralement contiennent des COV et des produits biocides qui se retrouvent dans l’environnement intérieur des logements.
Par ailleurs, si le mobilier est ancien, il peut avoir été traité avec des substances interdites aujourd’hui. Il s’agit principalement de polluants organiques persistants (POP) tels que le lindane ou le penchlorophénol. Ces produits chimiques sont très stables, toxiques et s’accumulent dans les organismes exposés. Ils contaminent l’environnement intérieur de façon pérenne pendant plusieurs années voire dizaines d’années.
Revêtements en matière plastique
Le mobilier en bois aggloméré ou reconstitué est souvent recouvert avec une feuille en matière plastique. Ce revêtement de surface est collé ou thermocollé sur le bois. La colle utilisé peut émettre des COV dans l’air intérieur. Par ailleurs, le plastique contient des additifs plastifiants tels que les phtalates qui contaminent l’environnement intérieur. Les phtalates sont ainsi les premiers polluants organiques des poussières domestiques.
Quelques conseils et recommandations pour bien choisir son mobilier
En premier lieu, vous l’aurez compris, il est important de privilégier les matériaux naturels tels que le bois massif non traité, le métal non peint ou le verre.
Le mobilier neuf
Le mobilier neuf émet plus de COV que le mobilier ancien. Acquérir du mobilier d’occasion permet de limiter l’émission de polluants de l’air intérieur.
Il n’est pas toujours facile de savoir quelle colle a été utilisée dans un mobilier. Lorsque c’est possible, optez pour des colles à faible émission de COV ou à base d’eau.
Choisir le mobilier présentant des certifications environnementales et de santé. Ils ‘agit par exemple, FSC pour le bois, labels de qualité de l’air intérieur, les labels Greenguard et Écolabel européen).
Si vous avez opté pour du bois reconstitué (aggloméré…) pour vos meubles, il est important de laisser dégazer votre mobilier dans un endroit aéré et non occupé. Cette étape est essentielle avant d’installer le mobilier dans votre espace de vie.
La rénovation de mobilier
En cas de la rénovation d’un meuble en appliquant de la peinture ou du vernis, il est important de bien choisir des produits certifiés à faible teneur en COV ou des alternatives naturelles comme l’huile de lin. Dans le cas de l’application de peinture ou de vernis, ces traitements de surface peuvent émettre des COV dans l’air intérieur. Il est recommandé de laisser sécher et dégazer le mobilier dans un espace ventilé et non occupé pendant quelques semaines avant de l’installer dans les pièces de vie.
Lors de la rénovation de meubles anciens, il est important de bien aérer l’espace de travail afin d’éviter l’accumulation de COV dans l’air intérieur et leur diffusion dans le reste du logement, de privilégier des produits à faible émission de COV. Lors de l’application, portez un équipement de protection individuel (EPI) de type masque à cartouche pour éviter l’exposition à des produits toxiques.
Une fois le mobilier installé dans votre logement, il est essentiel d’aérer régulièrement son logement 2 fois 10 minutes par jour en créant un courant d’air. Cette pratique quotidienne est le meilleur moyen de conserver une bonne qualité de l’air intérieur.
En conclusion, choisir son mobilier avec soin est crucial pour maintenir une bonne qualité de l’air intérieur. En privilégiant des matériaux naturels, en évitant les traitements toxiques et en optant pour des produits certifiés, vous pouvez créer un environnement intérieur plus sain et plus agréable à vivre. N’oubliez pas que la qualité de l’air que vous respirez est aussi importante que les autres aspects de votre environnement domestique. Investir dans un mobilier respectueux de la santé est un choix judicieux pour vous et votre famille.
Source : Qualité de l’air dans les logements : quelles problématiques ? quels enjeux ?